Wahhabis: a sect of Islam and their negative influence
du 17/07/2008
Par David Livingstone,
Il n’est pas nécessaire de débattre avec les salafistes/wahhabites sur des bases idéologiques. C’est leur histoire qui les condamne le plus efficacement. Jusqu’à présent, il a été difficile d’obtenir des détails précis sur l’histoire saoudienne. Cependant, j’ai lu récemment un excellent livre de David Commins, intitulé The Wahhabi Mission and Saudi Arabia. C’est la seule étude complète de l’histoire de l’Arabie saoudite et du wahhabisme que je sache.
Quoi qu’il en soit, il est presque impossible de cerner les salafistes sur un principe particulier. Ils maîtrisent la capacité de tout nier et de blâmer toutes idées tordues par de faux représentants de leur mouvement.
Ils nieront généralement même qu’ils sont des « wahhabites » et/ou qu’un tel nom signifie quoi que ce soit. Et, pourtant, ils suivent de près la réforme qui a été proposée par Abdul Wahhab.
Ce groupe est sournois car il se présente principalement comme un segment pieux de l’ensemble de la population musulmane.
Cependant, une étude de leur histoire montre clairement qu’il s’agit d’une secte et, depuis sa fondation, elle avait dévié de la communauté musulmane.
Ce fait devient très clair à la lecture du livre. Il permet aussi d’expliquer de nombreux faits sur les wahhabites, leur méconnaissance et sur leurs inclinations politiques.
Car, dès le départ, la relation établie entre les Saoudiens et les wahhabites a été l’un de leur compromis tacite. Nous savons que le monarchisme est une rupture avec la pratique islamique traditionnelle. Mais dès le départ, les wahhabites ont accepté d’ignorer la mauvaise application de la loi islamique par le dirigeant, tant qu’ils pouvaient continuer à se concentrer sur la « réforme » des masses. Bien sûr, il s’agit d’une hypocrisie flagrante, mais cela explique la persistance de leur relation actuelle.
Le but de mon livre est de démontrer que la Grande-Bretagne, les États-Unis et l’Arabie Saoudite sont les véritables « axes du mal ». Et, l’Arabie Saoudite n’a pas seulement été au cœur de la conspiration, de la dernière moitié du XXe siècle, mais aussi un participant actif dans une stratégie à long terme contre le monde islamique, ou un participant au « choc des civilisations » entre Islam et Occident.
L’Arabie Saoudite est donc clairement en connivence avec les ennemis de l’Islam pour essayer de le saper. La majorité du monde musulman l’ignore complètement, principalement en raison de la campagne de propagande massive que l’État a mené, tout au long du siècle, en monopolisant la littérature islamique.
Mais cela ne représente qu’une partie du problème. L’aspect central de ce problème est que les prétendus “Oulémas” [Savants] sont un établissement religieux parrainé par l’État [probablement le seul de ce genre dans le monde]. Ainsi, au cours du siècle, ils ont agi pour excuser les actes de la famille régnante.
Ceci explique la conception étroite de l’Islam qu’ils propagent, car ils ne peuvent aborder le fond de la question, qui est la corruption de la famille royale. Et, pour compenser, ils doivent paraître rigoureux sur d’autres questions secondaires. Toutefois, la contradiction est que, aussi controversé que cela puisse paraître, l’Islam est une idéologie politique. C’est un système politique complet qui propose une alternative au capitalisme, au communisme ou à l’anarchisme. Les détails les plus insignifiants abordés par les wahhabites n’ont jamais été destinés à être autant soulignés.
C’est pourquoi, ils ne parviennent pas à transmettre le sens véritable de l’Islam. Et, c’est la raison pour laquelle le monde musulman est en proie à l‘hypocrisie. Demandez à un musulman ce qu’est l’Islam, et il vous énumérera les “cinq piliers”. Mais, il ne comprend pas les responsabilités politiques que cela lui confère, et qu’elles sont même la véritable essence de la religion.
Cette situation est aggravée par un autre fait. Essentiellement, Wahhab a dénoncé le monde islamique, à l’exception de son petit groupe de disciples, comme “Kaffirs”, ou apostats. Selon eux, ils étaient sortis de l’Islam et, par conséquent, il était légal de les combattre, de les tuer, de saisir leurs biens et d’asservir leurs femmes et leurs enfants. Comme par hasard, les Wahhabites modernes ne se réfèrent pas à cet aspect de leur histoire.
Et, afin de ne pas permettre à leurs citoyens ignorants d’apprendre le véritable Islam, dans d’autres régions du monde, ils ont interdit la fraternisation avec les « infidèles ». Depuis, ils ont réussi à conserver cette quarantaine dans le pays. En excluant et rejetant l’érudition islamique traditionnelle, ils ont généré une manière de dialoguer sur la jurisprudence islamique, qui leur est totalement propre.
L’ennui est que le monde musulman n’est pas conscient de cela, parce que quand les Wahhabites disent “ce savant a dit”, ou “cet autre savant a dit …”, ils ne se référent pas à des siècles d’opinion juridique islamique, mais à leur propre tradition wahhabite. Cependant, la pensée juridique islamique a développé des processus stricts pour formuler des opinions. La tolérance est perçue comme nécessaire dans l’interprétation de ces lois en raison du développement de plusieurs écoles. Mais, à contrario, les wahhabites n’ont pas besoin de la préséance, ni de justifier leurs arguments par des décisions antérieures. Et, ils sont donc libres de déformer la religion comme bon leur semble.
Pour toutes ces raisons, l’Arabie Saoudite interprète l’Islam de manière toute nouvelle, mais également très étroite et chauvine. Toutefois, grâce à sa formidable richesse pétrolière, cette interprétation a pu s’étendre à une grande partie du monde musulman. Je souhaite que des études comme « The Hijacking of British Islam: How extremist literature is subverting Britain’s mosques« aident à expliquer que la vision actuelle propagée est celle dominée par une seule voix. Et, surtout, que cette voix provient d’un groupe très minoritaire.
Wahhabis: a sect of Islam and their negative influence
du 17/07/2008
Par David Livingstone
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- Les radicaux islamiques admettent leurs origines maçonniques. Mais… [23/12/2007, Pdf]
